{"id":85,"date":"2016-10-14T19:28:48","date_gmt":"2016-10-14T17:42:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.sandrinefabbri.com\/?p=85"},"modified":"2017-08-21T14:12:47","modified_gmt":"2017-08-21T12:12:47","slug":"les-montagnes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/?p=85","title":{"rendered":"Les montagnes"},"content":{"rendered":"<p>De l\u00e0, M. Pellis, notre savant et aimable cicerone, nous offrit de nous faire voir la prison p\u00e9nitentiaire\u00a0: en sortant, nous admir\u00e2mes la merveilleuse vue que l\u2019on d\u00e9couvre du plateau de la cath\u00e9drale, au-dessous de laquelle Lausanne, couch\u00e9e, \u00e9parpille ses maisons, toujours plus distantes les unes des autres au fur et \u00e0 mesure qu\u2019elles s\u2019\u00e9loignent du centre\u00a0; au-del\u00e0 de ces maisons, le lac bleu, uni comme un miroir, \u00e0 l\u2019un des bouts de ce lac, Gen\u00e8ve, dont les toits et les d\u00f4mes de zinc brillent au soleil, comme les coupoles d\u2019une ville mahom\u00e9tane\u00a0; enfin, \u00e0 l\u2019autre extr\u00e9mit\u00e9, la gorge sombre du Valais, que dominent de leurs arr\u00eates neigeuses la Dent-de-Morcle et la Dent-du-Midi.<\/p>\n<p><strong><em>Gen\u00e8ve, 1837<\/em>, Stendhal, in <em>M\u00e9moires d\u2019un touriste<\/em>, 1837<\/strong><br \/>\n\u00ab\u00a0Que dire du lac de Gen\u00e8ve, qui ne semble exag\u00e9r\u00e9 \u00e0 qui ne l\u2019a jamais vu\u00a0?<br \/>\nLes agr\u00e9ments du lac me semblent doubl\u00e9s depuis les bateaux \u00e0 vapeur. J\u2019avais affaire \u00e0 Lausanne (\u00e0 douze grandes lieues de Gen\u00e8ve). L\u2019<em>Aigle<\/em> m\u2019y a conduit ce matin, faisant, je crois, quatre lieues \u00e0 l\u2019heure, et je suis revenu ce soir avec la m\u00eame rapidit\u00e9. L\u2019<em>Aigle<\/em> a une forme extr\u00eamement allong\u00e9e, un tiers de plus que les autres b\u00e2timents.<br \/>\nJ\u2019avais apport\u00e9 un gros sac de livres\u00a0; j\u2019ai lu, ce qui \u00e9tait un peu ridicule et p\u00e9dant sous les yeux des dames\u00a0; j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 Calvin.<br \/>\n\u2026<br \/>\nQuand on glisse sur le lac, le second plan du paysage est admirable, surtout du c\u00f4t\u00e9 de Thonon. A la v\u00e9rit\u00e9, on ne voit pas le Mont-Blanc, on est trop pr\u00e8s, la vue est arr\u00eat\u00e9e par les montagnes du second ordre qui soutiennent sa base. Mais ces montagnes elles-m\u00eames sont d\u2019un aspect admirable. L\u00e0 se trouvait, presque vis-\u00e0-vis Lausanne, le fameux rocher de <em>Meillerie<\/em>. La description qu\u2019en donne l\u2019amant de Julie est toujours fort exacte. Seulement M. Desrien, l\u2019ing\u00e9nieur de l\u2019empereur Napol\u00e9on, a fait sauter la base des rochers de Meillerie pour \u00e9tablir la magnifique route qui conduit au Simplon.<br \/>\nMais lorsqu\u2019on parcourt le lac de Gen\u00e8ve, le premier plan du paysage, form\u00e9, en g\u00e9n\u00e9ral, par des champs cultiv\u00e9s, est assez plat. On songe malgr\u00e9 soi au <em>produit<\/em> des terres, \u00e0 la<em>fabrique<\/em>, etc.<br \/>\nIl en est bien autrement des lacs de la Lombardie\u00a0; il est vrai que ce sont les plus beaux du monde. Le premier plan est aussi joli que le second est grand et magnifique. Rappelez-vous la vue de Belgirate (lac Majeur), la Cadenabbia (lac de C\u00f4me), Sal\u00f2 (lac de Garde), etc., etc.<br \/>\nDans tous les pays du monde, le m\u00e9tier de marin rend les gens gais, ou du moins donne de la rondeur \u00e0 leurs mani\u00e8res. Dans mon bateau \u00e0 vapeur de ce matin, le caract\u00e8re genevois l\u2019emportait sur le m\u00e9tier\u00a0: le batelier \u00e9tait triste et renfrogn\u00e9. Comme il chauffait sa machine avec des b\u00fbches de bois blanc, qu\u2019il prend, je crois pr\u00e8s d\u2019Ouchy (le port de Lausanne), il s\u2019est all\u00e9 rappeler qu\u2019un rival l\u2019avait menac\u00e9 d\u2019introduire une livre de poudre dans quelqu\u2019une de ces b\u00fbches. De l\u00e0 menaces, exclamations, malheur, figure abominable \u00e0 regarder.<br \/>\n\u2026<br \/>\nSur le bateau \u00e0 vapeur, nous nous enivrons de limonade gazeuse\u00a0; elle est excellente. Le bateau \u00e9tait rempli de petits trait\u00e9s religieux, distribu\u00e9s <em>gratis<\/em> par les <em>momiers\u00a0<\/em>; il y en avait en vers fran\u00e7ais d\u2019une bouffonnerie incroyable. Il y a pourtant parmi ces <em>momiers<\/em> des gens bien \u00e9lev\u00e9s et qui n\u2019ont pas d\u2019autre langue maternelle que cette maudite langue fran\u00e7aise, si <em>moqueuse<\/em> et si <em>logique<\/em>. Il y avait aussi sur le bateau les <em>Fables<\/em> de La Fontaine, avec commentaires par Charles Nodier\u00a0; nous avons \u00e9t\u00e9 \u00e9difi\u00e9s des r\u00e9flexions religieuses et monarchiques qui accompagnent la fable de messire Jean Chouart, ce cur\u00e9 qui allait enterrer son mort au plus vite.<br \/>\n\u2026<br \/>\nLac de Gen\u00e8ve, le dimanche\u2026 1837. \u2013\u00a0 J\u2019ai profit\u00e9 ce matin du magnifique bateau \u00e0 vapeur l\u2019<em>Aigle<\/em>, qui fait le tour du lac en neuf heures. Nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s deux heures \u00e0 Vevey. J\u2019ai vu un lit brod\u00e9 (\u00e0 peu pr\u00e8s comme celui de Louis XIV, je ne parle pas des dorures) ayant appartenu \u00e0 un femme aimable, qui est en ex\u00e9cration \u00e0 Gen\u00e8ve. Nous avons pass\u00e9 devant Ouchy, le port de Lausanne, Villeneuve, Saint Gingolph et Thonon. A la hauteur de Vevey, les hautes montagnes, charg\u00e9es de bois noir, se pr\u00e9cipitent vers le lac par des pentes de soixante degr\u00e9s, qui donnent sur-le-champ au paysage un caract\u00e8re tragique. Je n\u2019ai point fait d\u2019aimable rencontre aujourd\u2019hui\u00a0; les Mme K\u2026 sont rares, et comme il faut varier sa vie quand on est en mer, je prends le parti d\u2019\u00e9crire.<br \/>\n\u2026<br \/>\nGen\u00e8ve, le \u2026 1837. \u2013 J\u2019ai fait mes adieux \u00e0 Gen\u00e8ve. Combien j\u2019aimerais \u00e0 passer huit jours \u00e0 Vevey\u00a0! Je louerais une chambre sur la montagne, \u00e0 une grande lieue de la ville. Je suis touch\u00e9, \u00e0 ce voyage-ci, de ce point admirable, o\u00f9 les montagnes s\u00e9v\u00e8res et couvertes de sapins se rapprochent du lac, remplacent l\u2019ignoble champ cultiv\u00e9 et donnent au paysage un si grand caract\u00e8re.<br \/>\n\u2026<br \/>\nQuoiqu\u2019en disent les gens du haut \u00e0 Gen\u00e8ve, et quoique certainement Rousseau tombe souvent dans l\u2019emphase, cent fois moins cependant que M. de Chateaubriand ou M. de Marchangy, c\u2019est \u00e0 lui uniquement que le lac de Gen\u00e8ve est redevable de cette <em>disposition \u00e0 l\u2019aimer<\/em>, qui se trouve dans tous les c\u0153urs et qui rend impossible toute plaisanterie contre ce beau lac. Que serait-ce si Gen\u00e8ve, au lieu d\u2019\u00eatre <em>bar\u00e8me<\/em> et <em>momi\u00e8re<\/em>, avait les m\u0153urs douces de Milan\u00a0!<br \/>\n\u2026<br \/>\nJ\u2019ai dit, je crois, qu\u2019un bateau \u00e0 vapeur allait remonter de Lyon jusqu\u2019\u00e0 la renaissance du Rh\u00f4ne. On va faire un chemin le long de la partie de son lit qui est recouverte de rochers, et un second bateau \u00e0 vapeur conduira, du lieu o\u00f9 il se perd, \u00e0 Gen\u00e8ve. On aura des vues curieuses, mais un peu uniformes, du fond de ce gouffre.<\/p>\n<p><strong><em>Vevey, Chillon, Lausanne<\/em><\/strong><strong>, Victor Hugo, 1839, lettre reprise dans<em> Voyages en Suisse,<\/em><\/strong><strong> l\u2019Age d\u2019Homme, 1982<\/strong><br \/>\nLe soir \u2013 c\u2019\u00e9tait hier, \u2013 je me suis promen\u00e9 au bord du lac. (\u2026) La lune \u00e9tait presque dans son plein. La haute cr\u00eate de Meillerie, noire au sommet et vaguement model\u00e9e \u00e0 mi-c\u00f4te, emplissait l\u2019horizon. Au fond, \u00e0 ma gauche, au-dessous de la lune, les dents d\u2019Oche mordaient un charmant nuage gris perle, et toutes sortes de montagnes fuyaient tumultueusement dans la vapeur. L\u2019admirable clart\u00e9 de la lune calmait tout ce c\u00f4t\u00e9 violent du paysage. Je marchais au bord m\u00eame du flot. C\u2019\u00e9tait la nuit de l\u2019\u00e9quinoxe. Le lac avait cette agitation f\u00e9brile qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque des grandes mar\u00e9es, saisit toutes les masses d\u2019eau et les fait frissonner. De petites lames envahissaient par moments le sentier de cailloux o\u00f9 j\u2019\u00e9tais, et mouillaient la semelle de mes bottes. A l\u2019ouest, vers Gen\u00e8ve, le lac, perdu sous les brumes, avait l\u2019aspect d\u2019une \u00e9norme ardoise. Des bruits de voix m\u2019arrivaient de la ville, et je voyais sortir du port de Vevey un bateau allant \u00e0 la p\u00eache. Ces bateaux p\u00eacheurs du L\u00e9man ont une forme que le lac leur a donn\u00e9e. Ils sont munis de deux voiles latines attach\u00e9es en sens inverse \u00e0 deux m\u00e2ts diff\u00e9rents, afin de saisir les deux grands vents qui s\u2019engouffrent dans le L\u00e9man\u00a0 par ses deux bouts, l\u2019un par Gen\u00e8ve, qui vient des plaines, l\u2019autre par Villeneuve, qui vient des montagnes. Au jour, au soleil, le lac est bleu, les voiles sont blanches, et elles donnent \u00e0 la barque la figure d\u2019une mouche qui courrait sur l\u2019eau, les ailes dress\u00e9es. La nuit, l\u2019eau est grise et la mouche est noire. Je regardais donc cette gigantesque mouche, qui marchait lentement vers Meillerie, d\u00e9coupant sur la clart\u00e9 de la lune ses ailes membraneuses et transparentes. Le lac jasait \u00e0 mes pieds. Il y avait une paix immense dans cette immense nature. C\u2019\u00e9tait grand et c\u2019\u00e9tait doux. Un quart d\u2019heure apr\u00e8s, la barque avait disparu, la fi\u00e8vre du lac s\u2019\u00e9tait calm\u00e9e, la ville s\u2019\u00e9tait endormie. J\u2019\u00e9tais seul, mais je sentais vivre et r\u00eaver toute la cr\u00e9ation autour de moi.<br \/>\n\u2026<br \/>\nJe voyais le lac au-dessus des toits, les montagnes au-dessus du lac, les nuages au-dessus des montagnes, et les \u00e9toiles au-dessus des nuages. C\u2019\u00e9tait comme un escalier o\u00f9 ma pens\u00e9e montait de marche en marche et s\u2019agrandissait \u00e0 chaque degr\u00e9. Vous avez remarqu\u00e9 comme moi que, le soir, les nu\u00e9es refroidies s\u2019allongent, s\u2019aplatissent et prennent des formes de crocodiles. Un de ces crocodiles noirs nageait lentement dans l\u2019air, vers l\u2019ouest\u00a0; sa queue obstruait un porche lumineux b\u00e2ti par les nuages au couchant\u00a0; une pluie tombait de son ventre sur Gen\u00e8ve ensevelie dans les brumes\u00a0; deux ou trois \u00e9toiles \u00e9blouissantes sortaient de sa gueule comme des \u00e9tincelles. Au-dessous de lui, le lac, sombre et m\u00e9tallique, se r\u00e9pandait dans les terres comme une flaque du plomb fondu. Quelques fum\u00e9es rampaient sur les toits de la ville. Au midi, l\u2019horizon \u00e9tait horrible. On n\u2019entrevoyait que les larges bases des montagnes enfouies sous une monstrueuse excroissance de vapeurs. Il y aura une temp\u00eate cette nuit.<\/p>\n<p><strong><em>Accordez-moi cette valse<\/em><\/strong><strong>, Zelda Fitzgerald, 1932<\/strong><br \/>\nDavid \u00e9tait venu chercher Bonnie sous les pommiers d\u2019un rose agressif, l\u00e0 o\u00f9 le lac de Gen\u00e8ve tend un filet au-dessous des acrobaties ondulantes des montagnes. En face de la gare de Vevey, un pont en traits de crayon enjambait le fleuve d\u2019une fa\u00e7on charmante\u00a0; les montagnes se hissaient au-dessus de l\u2019eau par les tiges de Dorothy Perkins et les cordes des cl\u00e9matites pourpres. La nature avait bourr\u00e9 chaque fissure et garni chaque crevasse de farce florale\u00a0; les narcisses tra\u00e7aient une voie lact\u00e9e le long de la montagne, les maisons \u00e9taient riv\u00e9es au sol avec des vaches qui broutaient et des pots de g\u00e9raniums. Des dames en dentelle avec des ombrelles, des dames en lin avec des chaussures blanches, des dames avec des sourires orange patronnaient avec une condescendance hautaine les \u00e9l\u00e9ments de la place de la gare. Le lac de Gen\u00e8ve \u00e9cras\u00e9 par la clart\u00e9 impitoyable de tant d\u2019\u00e9t\u00e9, gisait l\u00e0, brandissant son poing vers les cieux lointains, maudissant Dieu depuis la s\u00e9curit\u00e9 de la R\u00e9publique suisse.<\/p>\n<p><strong><em>Vie de Samuel Belet, <\/em><\/strong><strong>Charles-Ferdinand Ramuz, 1913<\/strong><br \/>\nMais le lac \u00e9tait bleu, \u00e0 cause de la bise, tellement bleu par place que le ciel semblait sans couleur. On distinguait tr\u00e8s bien sur l\u2019autre rive les grands rochers carr\u00e9s des Alpes savoyardes\u00a0; la dent d\u2019Oche avait \u00f4t\u00e9 son bonnet. Tout \u00e9tait parfaitement clair, \u00e0 part une petite brume, tendue entre les deux rives. La bise \u00e9tait assez fra\u00eeche, mais le fond de l\u2019air restait chaud. J\u2019avais \u00f4t\u00e9 ma veste et je la portais sur mon bras.<\/p>\n<p><strong><em>D\u00e9couverte du monde, <\/em><\/strong><strong>Charles-Ferdinand Ramuz, Mermod, 1939<\/strong><br \/>\nIl faut dire, puisque j\u2019en suis \u00e0 l\u2019histoire, pour l\u2019instant, que celle de notre petit pays \u00e0 nous \u00e9tait singuli\u00e8rement sabot\u00e9e par les programmes. L\u2019exemple me semble d\u2019autant plus probant qu\u2019il est tir\u00e9 du coin de terre que j\u2019\u00e9tais en train de d\u00e9couvrir avec mes yeux, mais ils ne nous renseignent que sur ce qui est. C\u2019est une cha\u00eene de montagnes, c\u2019est une deuxi\u00e8me cha\u00eene de montagnes, c\u2019est une troisi\u00e8me cha\u00eene de montagnes et un lac est l\u00e0 qui se recourbe dans le bas du triangle qu\u2019elles forment entre elles, avec des coteaux o\u00f9 il y a des vignes, et des campagnes qui descendent vers lui avec mollesse et en moutonnant. C\u2019est ce que vos yeux vous font voir\u00a0; mais il y a l\u2019esprit qui vous dit que cet assemblage de choses existait bien longtemps avant que vous y fussiez mis et la question qui se pose est alors\u00a0: Voil\u00e0 ce que je suis, mais d\u2019o\u00f9 est-ce que je viens\u00a0?<\/p>\n<p><strong><em>Rive-Reine<\/em><\/strong><strong>, Maurice Denuzi\u00e8re, Deno\u00ebl, 1994<\/strong><br \/>\nPar contraste, le lac, faire-valoir naturel de la montagne, restait d\u2019un gris violac\u00e9, inapte, tel un miroir au tain us\u00e9, \u00e0 refl\u00e9ter la blancheur des cimes.<br \/>\n\u2026<br \/>\nDu L\u00e9man, il connaissait tous les visages. Celui de l\u2019hiver, gris de plomb, mat, parfois fuligineux\u00a0; celui des jours de neige, quand le fond du lac s\u2019\u00e9claire d\u2019une blancheur laiteuse, tandis que les flocons en nu\u00e9es denses masquent, comme un rideau, les montagnes de Savoie. Celui des jours d\u2019\u00e9t\u00e9, sans vent, quand la surface mouvante se fige, par places, en plaques lisses, comme en laissent les br\u00fblures sur la peau des hommes\u00a0; celui des matins clairs et lumineux o\u00f9 la rive fran\u00e7aise para\u00eet s\u2019\u00eatre rapproch\u00e9e et que le regard porte jusqu\u2019aux sommets du Valais\u00a0; celui des fins d\u2019orage. Parfois, la noirceur du ciel, du c\u00f4t\u00e9 de Gen\u00e8ve, faisait dire \u00e0 Blanchod\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0La pluie va cesser\u00a0\u00bb, et elle cessait.<\/p>\n<p><strong><em>Le dernier cr\u00e2ne de M. de Sade<\/em>, Jacques Chessex,\u00a0<\/strong><strong> Grasset, 2009<\/strong><br \/>\nLa rive du lac L\u00e9man, \u00e0 Lausanne, est d\u2019une beaut\u00e9 fulgurante en fin d\u2019automne. \u00c0 l\u2019aube, les eaux scintillent dans un long d\u00e9grad\u00e9 de bleu jusqu\u2019\u00e0 la Savoie violette, dont la montagne se pr\u00e9cise \u00e0 la lumi\u00e8re montante. Les saules, les ormeaux, les petits peupliers de la c\u00f4te sont jaunes, \u00e9mettant des rayons concentr\u00e9s dans la fra\u00eecheur, o\u00f9 appellent les oiseaux des parcs et de l\u2019eau qui l\u00e8che les galets blancs.<br \/>\nUn sentiment de calme, de s\u00e9r\u00e9nit\u00e9, gagne le promeneur de ces lieux. La profondeur du paysage, l\u2019\u00e9tendue lacustre, le d\u00e9coupage des cimes qui agrandissent le ciel, l\u2019\u00e9trange paix m\u00eame des eaux mouvantes, gratifient celui qui en jouit d\u2019une imm\u00e9diate dilatation de tout l\u2019\u00eatre.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De l\u00e0, M. Pellis, notre savant et aimable cicerone, nous offrit de nous faire voir la prison p\u00e9nitentiaire\u00a0: en sortant, nous admir\u00e2mes la merveilleuse vue que l\u2019on d\u00e9couvre du plateau<a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/sandrinefabbri.com\/?p=85\"> \u2026 <span>(&#8239;Lire&#160;la&#160;suite&#8239;)<\/span>&#160;\u2192<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":483,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-85","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-leman","grid-item","col-1-2"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/85","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=85"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/85\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":151,"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/85\/revisions\/151"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/483"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=85"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=85"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sandrinefabbri.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=85"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}